L'abattement personnel ne se déduit pas de votre salaire
C'est l'élément de l'impôt espagnol que le plus grand nombre de calculateurs reproduisent mal, et celui qui change le plus le résultat. L'abattement personnel et familial — 5 550 € pour un contribuable de moins de 65 ans, plus ce qu'apportent les enfants — ne se déduit PAS de la base imposable. Il est imposé selon les mêmes barèmes que le reste de vos revenus, et le montant obtenu est ensuite retranché de l'impôt dû.
La différence n'est pas cosmétique. Le déduire de la base vous ferait économiser cette somme à votre taux marginal, qui peut atteindre 37 % ; la retrancher de l'impôt vous la fait économiser au taux de la première tranche, 19 %. Un outil qui procède à l'envers vous affichera un impôt nettement plus faible que celui que vous payez réellement, et l'écart croît avec le salaire.
Ce que l'on cotise, et jusqu'où
6,50 % sortent de la fiche de paie, répartis en quatre postes : 4,70 % pour les contingences communes, 1,55 % pour le chômage, 0,10 % pour la formation professionnelle et 0,15 % pour le mécanisme d'équité intergénérationnelle, le MEI, créé en 2023 et qui augmente chaque année.
Le tout est plafonné : la base maximale de 2026 est de 5 101,20 € par mois, soit 61 214,40 € par an, après une revalorisation de 3,9 %. Au-delà de ce montant, vous cessez de cotiser, et c'est pourquoi votre taux effectif total baisse légèrement au moment où vous le franchissez, alors même que l'impôt continue de monter. C'est la marche qui fait qu'un salaire élevé en Espagne pèse moins que ce à quoi on s'attend.
Quinze barèmes régionaux, et non un seul
L'impôt espagnol sur le revenu comporte deux moitiés : celle de l'État, identique sur tout le territoire commun, et celle de la région, votée par chaque communauté autonome. Elles s'additionnent, et la seconde varie suffisamment pour que le même salaire paie plusieurs centaines d'euros de plus ou de moins selon votre domicile fiscal.
L'outil intègre les quinze communautés de régime commun avec leur propre barème, repris du manuel annuel de la Renta publié par l'administration fiscale espagnole. Le Pays basque et la Navarre manquent volontairement : ce sont des régimes foraux dotés d'un impôt sur le revenu entièrement distinct, et non d'un barème alternatif, et les traiter comme une région de plus donnerait des chiffres faux.
D'où viennent ces chiffres
- Le barème général de l'État, article 63.1 de la loi relative à l'impôt sur le revenu, inchangé depuis 2021.
- La base maximale de cotisation 2026, arrêté PJC/297/2026, après la revalorisation du décret-loi royal 3/2026.
- Les quinze barèmes régionaux, tirés du manuel pratique de la Renta.
- L'abattement pour revenus du travail de l'article 20, intégral jusqu'à un seuil puis dégressif jusqu'à extinction : cette dégressivité propulse le taux marginal réel des bas salaires bien au-dessus des 19 % nominaux.
Il n'existe pas de calculateur officiel de l'administration fiscale permettant de vérifier un chiffre isolé ; la méthode retenue ici est donc différente : parcourir toute la courbe de chaque région et figer les points de contrôle dans les tests, exécutés à chaque déploiement.
Ce que ce calculateur n'inclut pas
- La contribution de solidarité sur la fraction dépassant la base maximale, qui ne concerne que les revenus supérieurs à 61 214 € et dont le salarié acquitte un sixième.
- Les réductions propres à chaque région. Elles se comptent par dizaines et sont très disparates — loyer, naissance, fournitures scolaires, famille nombreuse — et dépendent de situations que cet outil ne demande pas.
- La majoration de l'abattement pour les enfants de moins de trois ans.
- Les réductions pour imposition commune.
- L'abattement personnel distinct que certaines régions votent pour leur propre moitié : le montant de l'État est ici appliqué aux deux, ce que fait la majorité d'entre elles. L'écart se chiffre en dizaines d'euros, pas en centaines.
- Le Pays basque et la Navarre, pour la raison exposée plus haut.
Dernière mise à jour : 8 octobre 2026
