En Suisse, il n'y a pas un impôt sur le revenu, il y en a trois
C'est ce qui déroute le plus les personnes qui arrivent de l'étranger. Votre salaire est imposé en même temps par la Confédération, par le canton et par la commune, et les trois se calculent différemment. L'impôt fédéral est le seul identique dans tout le pays, et c'est aussi celui qui pèse le moins.
L'impôt cantonal et l'impôt communal fonctionnent d'une manière qui n'existe presque nulle part ailleurs : le canton calcule d'abord un « impôt simple » avec son propre barème, et ce montant est ensuite MULTIPLIÉ par un coefficient cantonal et par un coefficient communal. En ville de Zurich, ce sont 95 % et 119 %, si bien que vous payez en réalité 214 % de l'impôt simple.
La conséquence pratique, c'est que le même salaire paie des montants très différents selon la commune où vous habitez, à l'intérieur du même canton et parfois à dix minutes de voiture. En Suisse, déménager est une décision fiscale.
Votre brut n'est pas la base imposable, et il y en a deux
Avant d'appliquer le moindre barème, on déduit les cotisations sociales, les frais professionnels, les primes d'assurance et les déductions sociales liées à votre situation familiale. Ce qui reste est le revenu imposable, et c'est nettement moins que le brut.
Et il n'y en a pas une, il y en a deux : les montants que la Confédération laisse déduire et ceux que le canton laisse déduire ne sont pas les mêmes, si bien que ce calculateur tient deux bases imposables en parallèle. Un tableau qui présente un seul chiffre de « revenu imposable » suisse simplifie quelque chose que la loi ne simplifie pas.
Quatre cotisations sortent de la fiche de salaire : l'AVS/AI/APG à 5,3 % sans plafond, l'assurance chômage à 1,1 % jusqu'à 148 200 francs, l'assurance accidents non professionnels — négociée par chaque employeur, de l'ordre de 1 % — et le deuxième pilier. Toutes les quatre réduisent le revenu imposable, elles sont donc calculées avant tout impôt.
L'assurance maladie n'est pas un impôt, et c'est pour cela qu'elle n'est pas ici
C'est la surprise la plus coûteuse quand on s'installe en Suisse. L'assurance maladie obligatoire n'est pas prélevée sur le salaire et l'employeur ne la paie pas : vous la souscrivez vous-même auprès d'un assureur privé et vous la payez à part, tous les mois, que vous regardiez ce calculateur ou non.
La prime moyenne d'un adulte en 2026 est de 465,30 francs par mois selon l'Office fédéral de la santé publique, et elle varie beaucoup d'un canton à l'autre : Genève est le plus cher du pays. Cela représente entre cinq et sept mille francs par an qui n'apparaissent dans aucun chiffre de salaire net, ni le nôtre ni celui de personne. C'est pourquoi elle figure ici dans le panier de dépenses, là où elle se trouve vraiment.
Il y a une exception, et c'est Genève : c'est le seul des cantons couverts par cet outil qui permet de déduire la prime du revenu imposable, en plus du plafond général des assurances. Ailleurs, elle entre dans ce plafond et l'épuise presque toujours.
Avec un permis B, on vous retient plus que ce qui figure ici
Ces chiffres relèvent de la TAXATION ORDINAIRE : la déclaration annuelle que remplissent les personnes au bénéfice d'un passeport suisse ou d'un permis C. Les personnes au bénéfice d'un permis B sont imposées à la source, c'est-à-dire par un pourcentage unique retenu sur chaque fiche de salaire.
Et le résultat n'est pas le même. Les barèmes de retenue appliquent des déductions forfaitaires plus petites que celles de la déclaration, et retiennent donc trop : à Genève, de l'ordre de deux points de pourcentage du brut. Ce n'est l'erreur de personne, c'est la façon dont le barème est construit.
C'est la raison pour laquelle tant de personnes au bénéfice d'un permis B demandent une rectification ou une taxation ordinaire ultérieure, en général avant le 31 mars de l'année suivante. Si c'est votre cas, lisez les chiffres ci-dessous comme ce que vous pourriez finir par payer après déclaration, et non comme ce que vous verrez sur la fiche de janvier.
D'où viennent ces chiffres
Les barèmes et les coefficients des huit cantons couverts par l'outil proviennent de sources primaires : les Kantonsblätter et les Feuilles cantonales 2026 de l'Administration fédérale des contributions. À l'intérieur de chaque canton, nous retenons toujours la commune du chef-lieu, et l'interface indique laquelle.
Les huit sont confrontés pièce par pièce à le calculateur officiel de la Confédération : le barème contre l'impôt simple, les coefficients contre le quotient de deux chiffres officiels, et l'impôt fédéral séparément. Cela fait cinquante-six points de contrôle, figés dans les tests et vérifiés à chaque déploiement.
Ce que cette confrontation a trouvé
Deux erreurs qu'aucune lecture de la loi n'avait détectées, toutes deux corrigées. Nous les racontons parce qu'elles sont la meilleure preuve que la confrontation est réelle :
- À Genève, le centime additionnel d'aide à domicile n'entre PAS dans le rabais de 12 %. Le coefficient correct est (1 + 0,475) × 0,88 + 0,01, et non (1,485 × 0,88). L'écart représentait 46 francs qui se cachaient dans la tolérance du test, et il a fallu réécrire celui-ci pièce par pièce pour les voir apparaître.
- À Zoug, la ville prélève 52 % en 2026. Le 52,11 % qui figure dans le tableau des Steuerfüsse de l'Administration fédérale est le chiffre de 2025 : cette ligne mélange les deux années et porte un astérisque facile à manquer.
Ce que cette confrontation ne valide PAS, ce sont les déductions, car le calculateur officiel reçoit la base imposable déjà calculée. Il reste là trois choix d'interprétation qu'il vaut la peine de connaître : dans le canton de Vaud, nous appliquons le rabais de 5 % de 2026 au seul coefficient cantonal et non au coefficient communal ; à Genève, nous accordons au parent seul le splitting à 50 % de l'art. 41 al. 3 LIPP et non les 55,56 % de l'al. 4, qui exige une garde partagée ; et à Lucerne, la feuille cantonale omet le second montant par enfant, si bien que nous utilisons celui des moins de six ans, ce qui surestime l'impôt des personnes ayant des enfants plus âgés.
Ce que ce calculateur n'inclut pas
- L'impôt ecclésiastique, qui est facultatif et auquel on peut renoncer en sortant du registre.
- La déduction pour les trajets, qui dépend du parcours de chacun.
- Le Zweiverdienerabzug, la déduction du couple à deux salaires, qui supposerait de connaître le revenu de l'autre.
- Le fait que le taux du deuxième pilier augmente avec l'âge — de 7 % entre 25 et 34 ans jusqu'à 18 % dès 55 ans, à parts égales avec l'employeur. Nous retenons ici la tranche des 35 à 44 ans, la plus fréquente chez les personnes actives, et de nombreux plans cotisent au-dessus du minimum légal.
- Les déductions facultatives : pilier 3a, rachats de prévoyance et dons.
- Les dix-huit cantons qui manquent encore. Les huit présents couvrent la plus grande partie de la population, et chaque nouveau canton suppose de refaire toute la confrontation.
Dernière mise à jour : 6 octobre 2026
